Ouf!... la déprime des .com
par Roger Plourde

Oui, il était temps que ça arrive. Toutes ces nouvelles époustouflantes, Toutes ces histoires de succès incroyables. Tous ces jeunes nouveaux riches. On commençait à croire que ça n’arrêterait jamais. L’Internet par ci, l’Internet par là; les millions de dollars, les milliards de personnes...

Enfin, on peut respirer. On peut remettre à plus tard ce fameux projet Internet, ces nouvelles dépenses prévues pour la nouvelle année. Et puis, tant qu’à y être, pourquoi pas aux calandres grecques.

Vous avez raison, il y a beaucoup de déprimes autour de tout ce qui concerne l’Internet. On a vu une chute des titres ‘virtuels’ comme nulles autres. Les plus grandes pertes se sont produites autour de ces titres. On a vu des faillites dans l’Internet. Oui, oui, de vraies faillites, comme dans la vraie vie, avec des pertes financières. Personne ne croyait cela possible. Pire encore, le commerce électronique ne livre pas. Les résultats sont très loin des attentes. J’entends d’ici les cris de joie. Hourra! Bravo! Yeah! Je vois la satisfaction dans le regard de tous les marchands. Je les vois qui se rassurent. Un problème de moins, nous pourrons retourner à nos occupations.

Tout cela est vrai, mais il est encore très loin le temps du repos. Il est vrai qu’il y a de grands bouleversements dans tout ce qui concerne l’Internet. Cette première remise en question concerne le commerce du détails et les sites qui s’adressent au grand public. Dans un avenir qui ne saura tarder, nous aurons les résultats du B2B (ou le business to business). La déprime y trouvera sa prochaine victime. Elle sera aussi grande que les sommes pharamineuses investies. Le vrai problème de l’Internet, son défaut, ce n’est pas de faillir à la tâche, de ne pas être l’outil de communication par excellence. C’est ce qu’il produit. L’Internet est emballant. L’Internet est gigantesque et enivrant. Une fois emballés, les vendeurs de rêves y ont vu le plus grand champ de spéculations depuis la ruée vers l’or. On a vanté les performances, on a sur-évalués les résultats potentiels. Et tout le monde a cru sur parole ces récits enchanteurs. Ce qui devait arriver est arrivé.

Prenons un peu de reculs et regardons d’un autre oeil.

À quoi peut servir un moyen de communication qui est utilisé par près de 45% de la population québécoise? Qu’est-ce qu’on peut faire avec un accès à près de 50% des canadiens? Plus de 60% des entreprises? C’est ça l’Internet. C’était ça avant et après la déprime. Les Internautes sont toujours là. Ils sont toujours prêts à aller vous voir. Et 45% de la population, c’est plus ou moins trois millions de personnes. Qu’est-ce que vous pouvez faire avec un tel marché potentiel. Qu’est-ce que vous pouvez y vendre.

Lorsqu’on regarde les grands perdants de l’Internet, on constate rapidement que ce n’est pas l’Internet qui est le problème mais bien le modèle d’affaires ou encore, les connaissances des processus d’affaires de ses prestataires. La grande popularité du site Amazone n’est pas due tellement à son succès à titre de libraire mais bien à sa popularité sur les parquets boursiers. Cela malgré des pertes importantes, année après année. Et voilà, maintenant nous vivons une correction, c’est la panique générale. Attention, ne jetons pas le bébé avec l’eau. Si c’est bien fait, si le projet est abordé avec la même sérénité que tous les autres, si les bonnes ressources y sont affectées, vous réussirez.

Plusieurs entreprises ont déjà abordé l’Internet et en retire déjà de bons bénéfices. D’autres, trop nombreuses, ont fait ça à la bonne franquette. Le projet n’a pas obtenu toute l’attention requise et les ressources nécessaires. Les résultats sont inexistants et les patrons rechignent a y injecter de nouveaux fonds. Pourtant, lorsqu’on aborde l’Internet, que ce soit pour un début ou pour une révision, toute l’entreprise est impliquée. Un projet Internet, au sein d’une entreprise, implique autant les aspects administratifs, marketing et production. Et chaque fois qu’un cadre s’intéresse à l’internet dans son entreprise, il est confronté, à des degrés divers, à ces trois secteurs. Et si vous pouvez répondre que cela n’est pas vrai, vous êtes à gaspiller vos fonds ou vous n’êtes pas la bonne personne pour réaliser ce projet. Pédant, vous me direz. Non, l’expérience de faits vécus je vous réponds.

Ce n’est pas le temps de reculer et de ne plus rien faire avec l’Internet. Il est temps d’y mettre les bouchées doubles. Si votre présence Internet n’apporte pas les résultats espérés, ou encore, si l’importance de l’Internet est la même que celle d’une vieille dactylo oubliée dans le coin du bureau, il vous faut réévaluer ce que vous en faites. Et il est surtout temps d’affecter toutes les ressources nécessaires, ce qui implique les bons budgets.

L’Internet est maintenant un monde complexe. Il est difficile d’y faire sa place. Cela demande une connaissance approfondie de ce monde virtuel. Cela exige une compréhension particulière des comportements des internautes et de leurs habitudes. Il est rare que l’on retrouve toutes ces connaissances au sein d’une entreprise. L’Internet doit être un outil à intégrer dans une entreprise. Il est important de vous adjoindre une ressource externe qui vous aidera à bien situer l’Internet dans votre entreprise. Il ne s’agit pas de prétendre que tout se fera par l’Internet mais bien de lui faire la place requise. Celle dont vous avez besoin de lui accorder. Une fois cela fait, vous obtiendrez les résultats que vous aviez projetés.

Et là, sans magie, sans faux espoirs, l’Internet entrera dans votre entreprise et prendra la place qui lui convient, Seulement sa place, pas toute la place.

C’est là que vous pourrez soupirer de soulagement... Yeah!